
55% de chuteurs en moins : les premieres résultats des HUG sur QUMEA
Pour les soins, la question n’est jamais de savoir si une nouvelle technologie semble prometteuse, mais si elle fait réellement ses preuves au quotidien, chiffres à l’appui. C’est précisément à cette question qu’une deuxième étude indépendante vient de répondre. Après les résultats déjà remarqués de l’Hôpital universitaire de gériatrie Felix Platter à Bâle, les premiers résultats intermédiaires des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) sont désormais disponibles, et ils s’inscrivent dans la même tendance.
Ce que montre l'étude des HUG
Dans le cadre d’une étude pilote comparative contrôlée, l’équipe soignante des HUG a suivi l’utilisation de QUMEA en pratique clinique durant six mois. Résultat : dans le groupe QUMEA, 25 patients sont tombés au moins une fois, contre 39 dans le groupe contrôle sans intervention. Cela correspond à une réduction des chuteurs de 55 %, un résultat statistiquement significatif.
L’écart est encore plus marqué dans une analyse ciblée : parmi les patients du groupe contrôle pour lesquels un tapis de contact avait été prescrit, 88 % sont tombés malgré sa présence. Dans le groupe QUMEA, avec le monitoring activé, ce taux n’était que de 16 %.
Le Prof. Andrea Trombetti, rhumatologue de formation et investigateur principal de l’étude aux HUG, situe ces résultats : « Ces résultats intermédiaires sont très réjouissants : le système QUMEA améliore non seulement la sécurité des patients, mais allège aussi le quotidien du personnel soignant. Nous sommes convaincus que l’étude de plus grande ampleur prévue au cours des 18 prochains mois permettra de confirmer et de consolider ces premiers résultats. »
Le personnel soignant lui aussi tire un bilan positif : il attribue en moyenne une note de 7 sur 10 à l’utilisation de QUMEA et souligne deux points en particulier, un quotidien nettement allégé dans les unités et le respect de la sphère privée des patients.
L'étude continue
Ces chiffres sont explicitement des résultats intermédiaires, pas un point final. Ils ont été présentés pour la première fois du 16 au 18 septembre 2026 lors du congrès de l’European Geriatric Medicine Society (EUGMS) à Lille. Ils ouvrent la voie à la deuxième phase : une étude randomisée contrôlée sur 18 mois, étendue à trois unités aux profils différents, gériatrie aiguë, réadaptation et chirurgie. L’objectif est de confirmer l’effet sur la fréquence des chutes et de mesurer en plus les conséquences des chutes, à savoir les blessures et les coûts associés.
Déjà prouvé scientifiquement : l'UAFP publie dans le JAGS
Alors que les résultats des HUG sont encore des résultats intermédiaires d’une étude en cours, l’UAFP (Universitäre Altersmedizin Felix Platter) a déjà publié les siens sous forme d’étude aboutie et évaluée par des pairs (peer-reviewed) dans le Journal of the American Geriatrics Society (JAGS), la revue scientifique de l’American Geriatrics Society.
Concrètement, cela signifie moins de chutes tout en générant moins d’alarmes, donc moins d’interruptions inutiles dans le quotidien soignant, et une charge nettement réduite autour des sorties de lit, précisément là où les équipes soignantes sont le plus sollicitées au fil des gardes.
Dignity by Design : la protection des données fait partie de la méthode, pas un supplément
Ce que les chiffres ne montrent pas, mais qui compte tout autant pour les responsables des soins, c’est la manière dont ces résultats ont été obtenus. QUMEA fonctionne entièrement sans caméra et ne collecte que des données de mouvement anonymes ; aucune image n’est produite, aucune identification n’est possible. C’est précisément ce que le personnel soignant des HUG a spontanément mis en avant : la sphère privée des patients reste respectée, même avec un monitoring continu.
Pour QUMEA, ce n’est pas un ajout après coup, mais un principe. Dignity by Design signifie que la protection de la sphère privée est intégrée dès le départ dans l’architecture du système, non comme un exercice de conformité, mais comme condition pour que les équipes soignantes fassent réellement confiance à un système au quotidien.
Ce que cela signifie pour les décideurs
Deux institutions académiques indépendantes, l’UAFP à Bâle avec une publication évaluée par des pairs, et désormais les HUG à Genève avec de premiers résultats intermédiaires, arrivent à des résultats comparables. Pour les responsables des soins appelés à se positionner sur de nouvelles technologies de prévention des chutes, c’est la différence entre un projet pilote isolé, aussi prometteur soit-il, et une base d’évidence scientifique qui se construit. La deuxième phase de l’étude des HUG montrera, au cours des 18 prochains mois, la solidité de ce constat à travers différents profils d’unités.

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